Le générateur autonome Elinchrom Ranger RX Speed AS

Pour ce nouvel article, nous vous proposons de faire un point le plus complet possible sur un outil largement utilisé : Le générateur autonome Elinchrom Ranger RX (Speed AS).

Pour commencer, il est important de bien comprendre ce dont il s'agit. Il existe trois types de flash de studio :

  • La torche compacte (ou monobloc) : elle se branche sur secteur et inclut dans un même bloc le tube éclair, les condensateurs, la monture pour les modeleurs et toute l’électronique nécessaire au bon fonctionnement d'un flash. Exemple pour Elinchrom : la style RX 600.
  • Le générateur de studio : il se branche sur le secteur, rassemble tout le coté électrique et électronique nécessaire au flash dans un gros bloc au sol sur lequel on branche une ou plusieurs torches restituant l'énergie du générateur sous forme d'éclair. La torche contient donc très peu d'élément, principalement un tube éclair et la monture, elle est donc légère et ne contient pas d'électronique susceptible de chauffer. Exemple chez Elinchrom : le Digital 2400 RX.
  • Le générateur autonome : il se présente exactement comme un générateur de studio. La seule différence réside dans sa source d'énergie. Dans un générateur autonome, l'énergie est fournie par une batterie embarquée dans le générateur et non par le courant alternatif du secteur. Elinchrom™ propose deux modèles de générateurs autonomes, le Ranger Quadra Hybrid RX et le Ranger RX.

Les spécifications du Ranger RX

Avec ce Ranger RX, nous avons donc à faire à un générateur autonome d'une puissance de 1100 joules. Le kit de base comprend le générateur, son accu, une courroie de transport, un chargeur secteur pour l'accu et une torche.
Voyons l'outil par le détail :

  • puissance disponible : 1100 joules
  • deux sorties permettant de brancher deux torches
  • puissance réglable sur 6 diaphragmes au dixième de diaphragme pour chaque sortie
  • une cellule optique permettant de déclencher le générateur par l'éclair d'un autre flash
  • une prise synchro au standard amphénol permettant la synchro classique au câble, ou avec tout autre dispositif radio (Skyport, Pocket Wizard etc.)
  • un signal sonore d'état (bip quand l'appareil est prêt)
  • une fonction "auto-off" permettant au générateur de s'éteindre automatiquement après 5 minutes sans sollicitation.
  • charge lente : autorise le générateur à se recharger plus lentement entre chaque éclair (temps de recyclage), économisant ainsi un peu de batterie et augmentant légèrement le nombre de flashs
  • une lampe pilote de 50 W éclairant pendant 15 ou 30 sec (elle s'éteint automatiquement ensuite).

Au niveau des performances sur le papier :
L'autonomie est d'environ 200 éclairs à pleine puissance (1100 joules), avec un temps de recyclage de 3,5 secondes entre deux éclairs à pleine puissance (environ 1 seconde à 400 joules et moins aux puissances inférieures). La puissance de chaque sortie est variable sur une plage de 6 diaphragmes (nous revenons sur ce point juste en-dessous).

Il faut noter que deux types de torche sont disponibles sur ce générateur :
- La torche S : torche "Standard", sa vitesse d'éclair est classique (entre 1/1000ème de seconde et 1/2000ème suivant la puissance)
- La torche A : torche "Action", sa vitesse d'éclair est deux fois plus rapide (autour de 1/3000ème de seconde)
La torche A est donc la solution à privilégier dans l'optique de réaliser des photos de sujets rapides en atmosphère sombre (typiquement, les photos de sport), grâce à sa capacité à figer le mouvement. Il faut noter que cette torche est un peu plus délicate : les tubes éclairs coûtent plus cher et l'ampérage qu'elle nécessite limite quelque peu l'usage de rallonges tout en exigeant une propreté impeccable des connecteurs.

Avant d'aborder le retour d'utilisation sur le terrain, il nous semble important de clarifier le principe asymétrique pour cet appareil.
Le Ranger AS est un générateur disposant d'une énergie totale de 1100 joules. Il dispose de deux sorties asymétriques dont la puissance est répartie selon un ratio fixe 33% - 66% (asymétrique), permettant de brancher deux torches. Chaque sortie du générateur permet de faire varier la puissance sur 6 diaphragmes. Si l'on branche une seule torche, la sortie A sera la seule capable de délivrer 100% de la puissance, soit 1100 joules (la puissance maximale). La sortie B étant plus faible, elle ne sera capable de délivrer une puissance maximale que de 366 joules (33%). Si l'on connecte deux torches, à puissance maximale, la sortie A donnera 733 joules tandis que la sortie B délivrera 366 joules. On constate que cela correspond à un diaphragme de différence. L'asymétrie (contrairement aux générateurs de studio) est "fixe". Cela induit que les variations de puissance (possibles au dixième de diaphragme) conserveront systématiquement un diaphragme d'écart entre les deux sorties. Ainsi, si l'on règle la torche A sur 200 joules, on obtiendra obligatoirement 100 joules sur la torche B.

Il sera impossible d'obtenir une sortie A à 600 joules, avec une sortie B à 50 joules comme cela est possible sur un générateur de studio.
Cette asymétrie n'est donc a priori pas quelqu'un chose d'intéressant pour un photographe ayant besoin d'équilibre. Pourtant, en utilisation monosource (avec une seule torche par Ranger), cette asymétrie renferme une qualité importante : de par la nature différente de ses deux sorties, elle permet une variation très importante de la puissance.
En effet, avec 1100 joules disponible sur la sortie A, on a donc une puissance très importante. Cette sortie variant sur 6 diaphragmes, on obtient donc 17 joules avec le réglage de puissance au minimum. La sortie B étant plus faible (366 joules à pleine puissance), et variant également sur 6 diaphragmes, on obtient à puissance minimale une sortie à 5,7 joules.
Si l'on n'utilise qu'une seule torche sur le Ranger RX AS, on obtient donc une variation de puissance d'une amplitude de 7,5 diaphragmes (de 1100 joules à 5,7 joules) pour peu qu'on branche la torche sur la sortie A pour les puissances importantes et sur la sortie B pour les puissances plus faibles ! A titre de comparaison, la torche 1200 Style RX d'Elinchrom (compacte, sur secteur) varie de 1200 joules à 37 joules.
Cela procure donc au Ranger RX AS une grande versatilité : on peut passer d'un shoot en plein soleil à f/20 et 100 ISO - où l'on aura besoin des 1100 joules - à une séance en atmosphère lumière tamisée pour un shoot à f/4 et 200 ISO (afin de conserver la luminosité de l'arrière-plan). Dans les deux cas, le Ranger AS dispose de l'éventail de puissance adéquat. Nous reviendrons sur cela plus tard dans cet article avec des exemples en images.

Le Ranger RX AS sur le terrain

Après ce descriptif aussi complet que possible des spécifications du Ranger RX - les performances "sur le papier" - voyons ce que ce générateur permet de réaliser sur le terrain. Nous passerons en revue le comportement du Ranger RX AS dans des utilisations classiques, ses forces et ses défauts.

Tout cela est en grande partie subjectif, basé sur notre expérience (Thomas Carrage & La Griffe Studio) depuis 2009, principalement en photographie portrait, publicitaire et mise en scène de personnages.

Un générateur autonome permet de photographier un sujet avec une lumière de qualité studio là où l'alimentation secteur n'est pas disponible ou pas suffisante pour alimenter des torches compactes ou générateurs de studio. Le Ranger RX est donc utilisé la plupart du temps dans des conditions "hors studio", que ce soit en extérieur ou dans des lieux sans électricité.

Maniement, poids et encombrement

Abordons tout d'abord la première chose qui se présente lors d'une séance photo impliquant l'utilisation d'un tel matériel : le transport, le poids et l'encombrement.

Le Ranger RX pèse 8 kg et la torche 2 kg (son câble étant long et lourd). Le volume occupé par cet kit est assez important, il tient dans une valise de dimensions standard (et tient donc une place conséquente dans le coffre d'une voiture moyenne). Nous utilisons également un sac à dos renforcé de randonnée pour le transport du générateur + torche pour les déplacements un peu longs en terrain accidenté. Il est évident qu'en plus du kit Ranger RX, il est indispensable de déplacer un pied d'éclairage (type Manfrotto Master) afin de fixer la torche ainsi qu'un modeleur (parapluie + réflecteur, boite à lumière etc.)

Si on ajoute le matériel de prise de vue, on obtient assez rapidement deux sacs lourds : inutile de compter déplacer tout cela tout seul sur une grande distance, le poids se fait sentir et vous serez éprouvés avant-même d'avoir commencer le shoot. Le transport et le maniement seul d'un tel outil est tout à fait envisageable, mais parcourir une grande distance est délicat. De plus, l'utilisation en extérieur réserve parfois de mauvaises surprises comme le vent : un parapluie ou un boîte à lumière constituent une prise au vent importante et même un lest lourd ne suffira pas à maintenir le trépied debout. Un assistant ou un collaborateur est donc indispensable la plupart du temps en extérieur, à la fois pour aider au transport et pour maintenir le trépied lumière.

Il faut compter environ 10 minutes pour déployer le tout et être opérationnel (brancher la torche au générateur, la fixer sur le trépied, connecter le dispositif de synchro sur le Ranger et l'appareil photo, monter la boite à lumière ou le parapluie).

Le générateur en lui-même est facile à contrôler et opérer. Il se trouve en général au sol. Sa construction robuste et relativement étanche permet de le placer partout, sans trop devoir faire attention aux conditions. Ainsi, nous l'avons utilisé dans une flaque d'eau froide en forêt en hiver (2°C) pendant 30 min sans aucun problème, de même qu'en plein soleil, posé dans un chemin en sable au cœur de l'été. On regrette cependant au niveau ergonomique l'absence de poignée rigide pour le déplacer de quelques pas (ce qui est courant lors de petits ajustements au cours du shoot). On appréciera la construction de l'ensemble qui est sérieuse et solide, la lisibilité nocturne des boutons ainsi que les capuchons de connecteurs tropicalisés protégeant de la pluie, des poussières et projections diverses.

Shoot mode avec La Griffe

Nous vous proposons le court récit d'un shoot mode de La Griffe Studio (photographie mode et publicitaire), afin de mieux voir concrètement ce qui est possible avec ce genre de matériel, ainsi que ses limites.

Pour cette séance en extérieur et décor urbain, nous avions choisi d'utiliser 2 générateurs Ranger RX, car nous souhaitions disposer de deux sources, ainsi que d'une grande variabilité de la puissance. L'option de 2 torches connectées sur le même Ranger ne nous a pas semblé intéressante pour ce genre de shoot car trop restrictive en terme de puissance pour chaque source. De plus, le fait d'avoir un seul Ranger avec deux torches contraint à trouver l'emplacement optimal pour le Ranger (souvent au milieu des deux torches) qui n'est parfois pas le meilleur endroit pour le cadrage de la photo. Il faut donc souvent avoir recours à des rallonges...

Nous avons utilisé un coffre de voiture entier pour le transport des deux générateurs, torches, les trépieds et différents modeleurs. Six individus étant mobilisées pour cette séance, chacun a trouvé son utilité pour le transport du matériel et surtout pour tenir les pieds dédiés à la lumière (torche de Ranger). En effet, un petit vent soufflait et aurait mis à terre le matériel très rapidement. Avec la pratique, nous nous sommes fixés une règle simple et efficace pour éviter tout accident : une personne par trépied lumière une fois que le modeleur est monté sur la torche.

Vue des coulisses du shoot

Le montage complet a pris environ 20 minutes (à deux photographes habitués de ce matériel). Nous avons connecté sur notre appareil un émetteur et sur la source principale un récepteur radio Elinchrom Skyport (à gauche sur l'image ci-dessus), notre second générateur déclenchant grâce à sa cellule. Précisons que le système Skyport permet non seulement de contrôler le déclenchement, mais également de régler la puissance du générateur à distance au dixième de diaphragme près. Cela s'avère pratique lorsque le générateur est placé dans un endroit difficile d'accès, ou que l'on a demandé au modèle de reculer de seulement quelques centimètres, ce qui demande un ajustement mineur de la puissance. Pocket Wizard propose une solution à peu près équivalente aujourd'hui avec le récepteur ST4 utilisé en combinaison avec un émetteur Flex TT5 ou Mini TT1, avec les avantages de Pocket Wizard (plus puissant, donc une portée augmentée).

Nous avions besoin d'une profondeur de champ correcte pour ces images (f/10), nous avons donc utilisé une puissance assez élevée (environ 800 joules sur la source principale et 150 joules sur la source secondaire). A une puissance voisine de la puissance maximale, le rythme de la séance doit s'adapter aux temps de recyclage des flashs (environ 3 secondes à pleine puissance). C'est un temps raisonnable si l'on considère que l'on travaille sur accus, mais cela peut sembler long sur le terrain, lorsque l'on est habité à shooter à un bon rythme en studio sur une torche compacte ou un générateur sur secteur. Il faut donc savoir temporiser et attendre le signal sonore salvateur qui prévient de la disponibilité du flash.

Dans un contexte légèrement ombragé comme celui-ci, nous savions la cellule très efficace pour déclencher le second générateur. Dans des cas plus lumineux, nous aurions utilisé un récepteur radio supplémentaire pour éviter les situations où la cellule peut ne pas détecter l'éclair.
Comme nous le voyons sur l'image ci-dessus, des pieds d'éclairage hauts et robustes sont indispensables pour ce genre de mise en place (nous utilisons les Manfrotto Master). Nous insistons sur le fait qu'une torche avec un modeleur comme une boite à lumière offre une prise au vent importante et même un assistant de bonne corpulence peut avoir du mal à la maintenir en place en cas de vent. Sur une séance photo en plein vent, il y a quelques années, nous avons pû assister impuissants à la chute d'une torche de Ranger RX, du haut de ses 3 mètres. Le trépied Master était pourtant lesté aux pieds par deux blocs de béton agglomérés... Par chance la torche (dont la construction est plus solide qu'elle ne parait) n'a été qu'éraflée.

Pour cette mise en scène en décor urbain, nous cherchions à reproduire une ambiance quelque peu surréaliste et nocturne (alors que nous shootions en fin de journée). Si nous avions dû utiliser uniquement la lumière naturelle disponible, nous aurions été soumis aux conditions météo variables (absence de soleil entrainant un manque de modelé) et obligés de se placer uniquement là où la lumière était correcte, donc à restreindre le décor et la créativité.

L'image finale retouchée correspondant au setup visible ci-dessus

Les générateurs nous ont permis de shooter sur les lieux qui nous inspiraient, sans tenir compte de la lumière disponible à cet endroit. Les flashs de studio sur générateur autonome permettent également d'utiliser les modeleurs auxquels nous sommes habitués en studio et dont nous connaissons le rendu. Il est donc possible d'obtenir une belle lumière enveloppante et contrastée en extérieur et ne pas se contenter d'une source ponctuelle à la lumière dure (type "cobra").

Au niveau de l'autonomie, le Ranger RX a une capacité importante pour un générateur autonome. Il tient la charge sur une journée de shoot intense avec des utilisations à pleine puissance. Il est donné pour 200 éclairs à 1100 joules, et on les obtient. Évidemment, ce genre d'outil ne s'utilise pas comme un générateur ou une torche compacte et on essayera toujours de limiter les éclairs inutiles. Shooter 200 éclairs à 1100 joules en une journée représente un shooting chargé sur lequel on utilise un diaphragme très fermé et/ou une sensibilité très basse. Il nous est déjà arrivé d'épuiser un Ranger RX (chargé à fond) sur une journée de shoot, mais nous photographions des sujets en pied exclusivement à f/16 - 100 ISO. Il est plus sûr d'embarquer une seconde batterie pour ne manquer de rien, mais cela nous a semblé superflu la plupart du temps (surtout s'il est possible de recharger un peu la batterie pendant une heure à la pause de la mi-journée), d'autant qu'à des puissances plus faibles, l'autonomie grimpe rapidement pour atteindre 1000 éclairs vers 200 joules (qui est une valeur assez courante pour des shoots à ouvertures moyennes). De même, la solution de la batterie supplémentaire nous semble un investissement plus intéressant que le chargeur de voiture, disponible pour une somme élevée... Une charge complète de la batterie nécessite 3 heures sur le secteur.

Notons également que la température de couleur est relativement stable au fil des changements du réglage de puissance. 

Versatilité

Comme nous le mentionnions plus haut, le Ranger RX asymétrique propose un éventail de puissances très intéressant sur 7,5 diaphragmes. Cela lui confère une très grande polyvalence et lui permet de satisfaire aussi bien les besoins de photographes shootant à grande ouverture dans des atmosphères de faible lumière, que des photographes réalisant des prises de vue en plein soleil à diaphragme très fermé. Ajoutons à cela des vitesses d'éclair rapides si l'on utilise une torche A (Action), et l'on obtient un outil d'une polyvalence rare.

Nous vous proposons trois exemples en images - réalisées il y a quelques temps - pour bien comprendre de quoi nous parlons ici.

Premièrement, abordons le cas où la puissance importante du Ranger RX peut servir : Nous avions eu à réaliser une image où devaient figurer 6 jeunes femmes, à photographier en pied, le tout à contre-jour. A l'aide d'un seul Ranger RX et d'une boite à lumière Rotalux octo 100cm, nous avons pu réaliser l'image voulue que voici.

1 Ranger RX + octo 100cm presque à puissance maximale (1000 J)

 
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Au niveau de l'exposition, la torche était située quelques mètres derrière et au dessus du photographe, positionnée assez loin des modèles afin de fournir un éclairage homogène sur chacune (ce qui explique la lumière un peu dure pour une boîte de 100 cm). Le diaphragme f/10 a été choisi pour une netteté optimale des sujets et de l'arrière-plan et 400 ISO ont été nécessaire pour obtenir une exposition tout en nuances dans le ciel. La puissance du Ranger était légèrement en dessous du maximum (environ 1000 joules). Il nous est également arrivé de devoir photographier des personnages en pied, en contre-jour total en été (avec le soleil positionné dans le cadre de la photo). Le Ranger RX à pleine puissance avec une boîte à lumière permet d'exposer correctement ce genre de sujets à f/20 - 100 ISO avec le soleil d'été à 16h derrière eux, chose parfaitement impossible avec des générateurs de puissance moindre (ou alors, en utilisant des modeleurs au rendu plus dur, type réflecteur métallique).

A l'inverse, sur l'exemple ci-dessous, nous avions à réaliser le portrait d'un musicien dans une ambiance sombre (pub irlandais) et nous souhaitions conserver l'ambiance lumineuse de ce pub. Avec un flash ne pouvant descendre à une faible puissance, nous aurions été contraint soit de procéder à un montage fastidieux au traitement, soit d'éteindre l'ambiance de l'arrière-plan avec un diaphragme fermé.

1 Ranger RX + octo 100cm à puissance minimale (5,7 J)

 
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Ici, toujours avec la boîte à lumière Rotalux Ø 100cm montée sur la torche en sortie B à la puissance minimale, nous avons pu shooter l'artiste à f/3.2, 400 ISO, avec la source positionnée à une distance raisonnable du sujet, permettant d'obtenir une lumière type "fenêtre" sur celui-ci et conservant une douceur et un contraste assez naturels. La lumière ambiante sur le personnage était inexistante et le portrait n'était pas envisageable sans apport de lumière.

Dans ce contexte précis d'ailleurs, il faut noter que la lampe pilote embarquée dans la torche du Ranger RX trouve son utilité : elle permet de caler la lumière, d'apprécier le placement des ombres et d'effectuer la mise au point de façon sereine. Le photographe habitué au studio retrouve ses habitudes. Cependant, son allumage limité à 30 secondes semble bien court et il est nécessaire de l'allumer plusieurs fois pour opérer les réglages. On regrette donc qu'il soit impossible de l'allumer autant qu'on le souhaite (même au prix d'une consommation importante de la batterie). On peut imaginer cependant que cette option comporterait le risque d'une surconsommation involontaire lors d'un oubli en utilisation extérieure au soleil, tant il est difficile de distinguer si la pilote est allumée ou non vu sa faible puissance...

Dans le cas d'une situation qui nécessite une vitesse d'éclair rapide, l'utilisation d'une torche A apporte un réel plus et permet de figer un mouvement vif et de mettre en avant une action rapide dans ses moindres détails. Prenons le cas d'un travail où l'on devait photographier des joueurs de basket professionnels en action, lors de mises en scènes préparées. 
Le shoot se déroulait dans la salle de basket du club, avec une lumière extrêmement faible et de mauvaise qualité. L'emploi de deux Ranger RX avec chacun une torche A s'est imposé afin de capturer ces actions tout en créant une lumière mettant en valeur les joueurs, en oubliant le lieu.

La puissance des générateurs Ranger combinée avec la vitesse d'éclair rapide des torches A nous a permis de shooter à f/11 et ISO 160 sur un moyen format numérique, au 1/125ème de seconde. En effet, dans un endroit tel que celui-ci, la lumière ambiante est considérée comme inexistante par rapport à nos paramètres de prise de vue et c'est uniquement la durée du flash qui fige l'action. Sur le Ranger, la vitesse d'éclair la plus rapide est atteinte avec la puissance au maximum, et la version asymétrique nous permet d'atteindre une vitesse encore plus rapide sur la sortie B à puissance maximale.

Deux Ranger RX torche A, puissance max sur la sortie B, f/11 ISO 160 1/160ème

Bilan

Le générateur autonome est un outil indispensable à tout photographe créatif pratiquant la photographie "sur le terrain" (on location comme disent nos amis anglophones). Le Ranger RX proposé par Elinchrom est un générateur de grande qualité, dont les performances sont suffisamment élevées pour ne pas limiter le photographe dans une pratique même exigeante. En terme d'étendue de puissance et de puissance maximale, on pourra difficilement demander plus. On peut aussi bien "éteindre" le jour en plein soleil avec un modeleur dur, qu'adapter la puissance à une ambiance un peu tamisée.
Il en va de même pour l'autonomie, dont on n'atteint que rarement les limites.

Les contraintes imposées par le Ranger RX sont celles imposées par ce type de pratique photographique : cela implique de déplacer un matériel lourd et encombrant et une petite équipe est nécessaire pour travailler en toute sérénité, tout en shootant à un rythme assez lent par rapport au temps de recyclage. On peut tout de même regretter quelques fautes ergonomiques comme l'absence de poignée rigide pour le déplacement sur de courtes distances, ou l'impossibilité de prolonger l'éclairage de la lampe pilote de façon manuelle pour les atmosphères sombres.

Nous pouvons ajouter que nous utilisons le Ranger RX régulièrement en studio, lorsque nous avons besoin d'une source d'appoint pour éclairer un fond par exemple. Globalement, il est à l'aise dans les utilisations studio où une lampe pilote n'est pas indispensable et son autonomie lui permet de tenir une séance - même soutenue - sans soucis. Il faut seulement prendre garde à son temps de recyclage plus lent par rapport au reste des sources branchées sur secteur. Il n'est pas possible de le brancher (charger) sur le secteur pendant l'utilisation.

Notons enfin - en forme d'ouverture sur ce qui pourrait être l'avenir - que les nouveaux dispositifs de synchronisation radio Pocket Wizard permettent de dépasser la vitesse de synchro X des boîtiers reflex avec ce genre d'outil (Ranger RX + torche S, cela ne fonctionne pas ou peu avec les torches rapides A). Cependant - il s'agit d'une réserve de taille - cela dépend grandement du boîtier (état de l'obturateur), la perte de puissance est importante, mais cela fonctionne. Nous avons testé il y a 1 mois un Nikon D4 (neuf) au 1/4000ème de seconde sur un Ranger RX + torche S et cela fonctionne parfaitement...

 

Photos mode : La Griffe Studio
Retouche : La Griffe Studio
Modèle : Elise Speicher
Styliste : Lucile Durdan
Maquillage : Caroline Cazeaud
Coiffure : Joséphine Ohye

Photos et retouches personnages groupe et musicien : Thomas Carrage

Produit(s) de cet article

Par Thomas Carrage, le 28/08/2012 | Catégorie : Test produit