Le Canon EOS 5D mark III en test

Après avoir réalisé plusieurs séances de prise de vue avec le Canon EOS 5D MarkIII, nous vous proposons un test sous forme de retour d'utilisation.

Le 5D mkIII est donc le troisième boîtier de la série amateur-expert plein format (capteur 24x36mm) des Canon EOS 5D. Le 5D avait joui d'un grand succès à sa sortie fin 2005, étant le premier reflex plein format relativement accessible doté d'une gestion des hautes sensibilités révolutionnaire à l'époque. Le second opus - sorti fin 2008 - avait apporté son lot d'innovations également, en proposant une résolution élevée (plus de 20 megapixels) et un mode vidéo HD innovant à l'époque.

Avec cette troisième édition, Canon semble avoir été moins gourmand au niveau des innovations, du moins en apparence. La résolution par exemple reste proche du 5D mkII puisque l'on gagne un peu plus d'un megapixel. Mais sous cette façade d'évolution assez sage, le MarkIII propose non seulement une mise à jour extrêmement complète des fonctions essentielles du boîtier, mais aussi des innovations discrètes qui vont à coup sûr changer la vie du photographe.

Voyons un aperçu global des mises à jour :

  • La sensibilité ISO maximale passe de 25 600 à 102 800
  • Le viseur passe d'une couverture 98% à 100%
  • La rafale est augmentée de 3,9 à 6 images par seconde
  • L'écran LCD arrière gagne 0,2 pouces et un peu de résolution
  • Apparition d'un double emplacement pour le stockage : format SD en plus du classique CF

Au niveau des nouveautés de taille : un nouveau module autofocus identique à celui du EOS 1Dx
L'autofocus propose à présent un choix de 61 points, contre 9 seulement sur le modèle précédent.

Prise en main / ergonomie

Commençons par la sensation au premier abord. La texture est agréable, le poids semble raisonnable et tous les doigts viennent se placer naturellement. Avec une main d'homme plutôt grande, les trois doigts habituellement placés sur le grip tiennent confortablement. On ne se retrouve pas avec un petit doigt sur la tranche de l'appareil comme sur certains boîtiers non monobloc plus petits. Il semble d'ailleurs que le 5D mark III ai pris un tout petit peu de hauteur (2,4mm) et un peu de poids (50g) par rapport à son prédécesseur. La prise en main est d'ailleurs légèrement plus agréable avec une grande main.
On peut reprocher un très léger manque de place pour le pouce par rapport au précédent modèle, mais c'est au profit de l'apparition du bouton Liveview/video.

Le premier changement ergonomique majeur à noter par rapport au 5D ou 5D mkII est l'interrupteur de mise en route : il disparait de son emplacement inférieur au dos de l'appareil et vient se placer près de la roulette de changement de mode, sur le haut du boîtier. Les utilisateurs de 7D ne seront donc pas dépaysés, mais les habitués d'anciens 5D seront désorientés durant leurs deux premières journées d'utilisation. Toujours sur la roulette de changement de mode, il faut désormais presser un bouton au centre de celle-ci pour pouvoir la faire tourner et changer de mode. On peut voir cela comme une sécurité bienvenue, même cela demandera également un petit temps d'adaptation pour les habitués des opus précédents du 5D. De même, pour zoomer sur une image lors de la visualisation, il faut à présent combiner une pression sur le bouton loupe et utiliser la molette supérieure. Une habitude à prendre...

On note également assez rapidement le changement de la trappe de carte mémoire : elle a été retravaillée et semble bien plus solide à la manipulation. Comme dans l'industrie automobile

- où les constructeurs travaillent le bruit et le poids des portières afin de fournir une sensation de sécurité accrue - il semble que les constructeurs de matériel photo aient compris que la sensation de solidité est au moins aussi importante que la solidité elle-même. Cette trappe de carte mémoire est donc à l'image du boîtier tout entier : l'utilisateur a la sensation d'avoir un appareil plus solide et plus robuste dans les mains, assez éloigné du plastique "léger" en apparence du 5D mkII, et se rapprochant plus du 7D.

On est cependant encore assez loin de la sensation de robustesse monolithique des boîtiers de la série 1D.

Nous remarquons aussi l'apparition du bouton de prévisualisation de profondeur de champ près de l'objectif, d'un accès très facile et rapide avec l'annulaire, bouton hautement personnalisable et pratique.
Parmi les changements ergonomiques à signaler, parlons très rapidement de l'écran LCD arrière : Il a grandi un peu par rapport à son prédécesseur et il offre un très grand confort de visualisation, notamment grâce à un ajustement automatique de la luminosité. Cette fonction est très efficace en plein soleil afin de conserver une vision correcte de ses images et des contrastes (luminosité de l'écran au maximum), ainsi qu'en condition obscures : cela évitera que l'allumage du LCD arrière n'éclaire la moitié de la salle de concert et attire l’œil des spectateurs, ou tout simplement éblouisse le photographe lui-même.

En mettant l’œil dans l'appareil, on découvre un viseur généreux, lumineux et neutre, comportant les informations essentielles à la prise de vue. Le dégagement oculaire le rend correct pour les porteurs de lunette, même si ceux-ci regretteront une vision dans les coins de l'image assez faible. On peut regretter pour le confort le manque de déport ou "retour" plus important par rapport à l'écran arrière (comme sur la série 1D), afin d'éviter que le nez du photographe s'écrase complètement sur l'écran LCD arrière. Le viseur couvre désormais 100% de l'image, alors que le markII ne couvrait que 98%. Il faut noter également la possibilité d'afficher des quadrillages différents par le menu dans ce viseur, option qui ne semble pas présente sur des boîtiers haut de gamme comme le 1D mkIV par exemple.

Le changement AF, c'est maintenant

Le changement majeur du 5D mkIII par rapport à ses prédécesseurs réside dans un moteur autofocus entièrement nouveau et bien plus performant. Canon a donc écouté ses utilisateurs et a embarqué dans ce boîtier le tout dernier système AF 61 points embarqué dans le très attendu 1Dx.

Il serait quelque peu présomptueux de prétendre faire le tour de ce système AF complet et complexe, proposant un nombre important d'options et de possibilités. Nous survolerons donc simplement les éléments essentiels correspondant à notre utilisation.
C'est avant-tout la façon de régler et de personnaliser l'autofocus qui a été repensée et revue (en mieux). Par le menu, on va choisir un "cas" symbolisé par des pictogrammes représentant le type de sujet qu'on photographie, pour signifier à l'autofocus qu'il faut être particulièrement attentif à tel ou tel point (rapprochement ou éloignement fréquent du sujet, comportement imprévisible du sujet etc.). Chaque "cas" est ensuite légèrement réglable pour s'adapter au plus près aux besoins de la situation donnée.
Le photographe peut également choisir parmi les 61 collimateurs avec le petit joystick qui tombe assez bien sous le pouce.

Même si l'ensemble est délicat à régler et demande de passer un peu de temps dans le manuel - surtout quand on vient d'un boîtier à l'AF très simple comme le 5D mkII - il va sans dire que le résultat sur le terrain en vaut la chandelle. La réactivité et la capacité du boîtier à suivre un sujet qui bouge de façon imprévisible est sans commune mesure avec les anciennes versions. Les photographes habitués au 1D mkIV et utilisant le 5D mkIII comme boîtier de secours seront eux agréablement surpris par la simplicité du réglage de l'autofocus.

Parmi les petits détails qui offrent du confort d'utilisation au quotidien, il faut noter la possibilité de choisir un collimateur AF différent suivant l'orientation du boitier (verticale ou horizontale).

A noter également que la touche de prévisualisation de profondeur de champ peut être assignée à diverses fonctions, dont certaines intéressantes liées au mode autofocus (passer momentanément de One-Shot à en AI-Servo par exemple).

Toujours dans le domaine de l'autofocus, faisons un rapide détour par le département des micro-ajustements : Comme sur le modèle précédent, l'utilisateur peut régler finement le calage de ses optiques avec le boîtier, afin d'obtenir une précision optimale avec chaque optique. Comme quelques utilisateurs l'avaient constaté, ce réglage relevait parfois de la mission impossible sur des zooms couvrant une large plage de focales. Sur le 5D mkIII, Canon pousse un peu plus loin ce réglage fin, et permet maintenant à l'utilisateur de régler le coté "grand angle" du zoom, et le coté "téléobjectif" indépendamment, afin d'obtenir un réglage précis et fiable sur toutes la plage focale.

Qualité d'image

Lors de nos séances de prises de vue, nous avons pu utiliser le 5D mkIII à main levé en reportage, en portrait également à main levée, avec diverses optiques, du 85mm f/1.2 L au 16-35mm f/2.8 L II, en passant par le 70-200mm f/2.8 IS L. Nous avons également réalisé quelques photos sur trépied dans le cadre du test, en paysage de nuit, ou en intérieur pour tester les différentes fonctions. Nous avons également souhaité comparer en hautes sensibilité le 5D mkIII avec son prédécesseur. Ces tests ont tous été réalisés avec un retardateur de 2 secondes.

Le 5D mkIII en hautes sensibilités, comparé au 5D mkII

Pour ce test (sur trépied, avec retardateur), nous nous sommes placés en conditions de faible lumière : exposition correcte à 1/80ème, 6400 ISO, f/4. Le 16-35mm f/2.8 L II à 25mm f/4 a été monté successivement sur les deux boîtiers. La réduction du bruit ISO a été désactivée et nous présentons ici les JPG issus directement du boîtier. Voici l'image de la vue générale :

Et voici maintenant différentes vues à taille réelle des pixels (100%), à différentes sensibilités, détail de la zone sur le bord de l'image à droite :

800 ISO

Cliquez ici pour voir l'image en taille réelle (1544px)

1600 ISO

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3200 ISO

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6400 ISO

Cliquez ici pour voir l'image en taille réelle (1544px)

La différence se voit dès 800 ISO : le mkIII propose déjà une image un peu moins texturée, avec légèrement moins de bruit. Le fossé s'accentue en montant en sensibilité. A 3200 ISO, on constate que le contraste du 5D mkII s'effondre - cela est bien visible sur le sac - tandis que celui du 5D mkIII reste bon. Le bruit chroma (tâches colorées) du dernier-né est également bien mieux contrôlé. A ce niveau ainsi qu'à 6400 ISO, on peut considérer que le 5D mkIII prend 1 IL sur son prédécesseur en terme de qualité d'image en hautes sensibilités.

Plus important à notre sens : la nature du bruit a évolué et se débarrasse désormais très bien de son caractère chromatique, assez délicat à gérer lors du traitement des images. Le fait que l'image reste bien contrastée également en hautes sensibilités permet une meilleure qualité d'image en sortie de boîtier pour les photographes livrant des images en jpg direct.

Nous avons également eu le loisir de comparer le 5D mkIII avec ses deux prédécesseurs en extérieur (conditions de reportage, photos de rue) : A notre grande surprise, il est extrêmement difficile de distinguer les images des trois boîtiers en terme de rendu général. Il nous semble que l'évolution en terme de dynamique est quasi-absente depuis le 5D premier opus. Il faut donc saluer ce digne ancêtre, dont les qualités étaient tout à fait remarquables à sa sortie ! La restitution des détails est bonne sur tous, avec le 5D mkIII proposant un rendu particulièrement neutre par rapport aux autres. La dynamique est bonne, mais ne semble pas révolutionner le marché. Cependant, les nombreuses options que nous allons passer en revue en dessous permettent au dernier-né de la gamme d'aller plus loin, grâce à des options dans lesquelles résident de belles surprises.

Outils et dynamique

Le EOS 5D mkIII propose de nombreuses petites options, toutes anodines en apparences, mais qui permettront au photographe curieux d'aller plus loin dans ses images, et cela dès la prise de vue. On dénombre 3 outils permettant d'étendre la plage dynamique de l'appareil :

  • Correction auto de luminosité (Auto Lighting Optimizer) : ce mode permet d'équilibrer de façon assez subtile dans l'image le rapport entre tons clairs et tons foncés. Il propose 3 niveaux de réglage différents
  • Priorités Hautes Lumières (Highlight Tone Priority) : cette option permet de conserver un peu mieux les hautes lumières
  • HDR : cette option - aux nombreuses possibilités de réglage dans le boîtier - opère automatiquement une prise de vue en rafale avec bracketting d'exposition, puis compile ces images pour produire un jpg à dynamique augmentée. Attention, il est important de noter que - même si les images brackettées sont réalisées en RAW - le résultat est écrit sur la carte sous forme de jpg boîtier. Nous avons mesuré environ 5,5 secondes de calcul nécessaire à l'appareil pour compiler 3 vues à 2 IL d'écart et fournir un jpg HDR.

Voyons les résultats de ces différentes options en images :

Correction auto de luminosité

HDR

Priorité hautes lumières

Il faut noter plusieurs choses à la vue de ces images :

  • Le mode Correction auto de luminosité fournit une image au rendu assez naturel, rehaussant les basses lumières dans la nuance. L'image conserve donc un aspect photographique, mais légèrement moins contrasté (même en paramètre élevé comme ici). Nous remarquons que les hautes lumières ont pris un petit peu au passage, mais ça ne semble pas dramatique. Notons aussi que ce mode n'est pas recommandé en mode manuel (mais il est utilisable si l'utilisateur le souhaite vraiment). Il est impossible également de conjuguer ce mode avec le mode priorité hautes lumières.
  • Le mode HDR fournit une image légèrement recadrée (pour des raisons qui nous restent inconnues), assez décontrastée même en mode neutre, mais avec une dynamique effectivement bien augmentée. Les hautes lumières sont récupérées avec un rendu assez fidèle des tons, tandis que les basses lumières sortent sans être exagérées. Tandis que ce mode fournit 3 images brackettées en RAW, on peut regretter que le fichier de sortie soit obligatoirement un JPG (et non un RAW). Attention également aux 5 ou 6 secondes nécessaires au boîtier pour générer le jpg HDR. Ce mode propose pléthore d'options, de la plus neutre à la plus tape à l'oeil (sursaturation, rendu des volumes aberrant etc.)
  • Pour finir, on voit clairement sur notre exemple que le mode priorité hautes lumières focalise son action uniquement sur les parties très claires de l'image. Son action semble douce et efficace et n'engendre pas de perte de contraste.

Fonctions diverses et bien pensées

Parmi les choses qui font la différence entre un bon boîtier et un excellent boîtier qu'on utilisera avec plaisir au quotidien, il y a toutes ces petites fonctions, qui semblent anecdotiques et qui pourtant facilitent la vie du photographe. Canon propose une ration de ces "petites innovations qui font les grands appareils" sur le markIII, dont voici quelques exemples qui nous ont semblé vraiment intéressants :

Mode silencieux (Silent)

Ce mode dont le nom n'évoque pas une innovation révolutionnaire en soi (puisque déjà présenté sur de nombreux boîtiers Canon ou d'autres marques) est pourtant cette fois-ci assez innovant.

En effet, Canon propose dans ce mode (accessible comme le mode rafale depuis le bouton supérieur Drive) une cinétique retravaillée du mécanisme d'abaissement et de relevage du miroir. Une fois activé, l'utilisateur est saisi par la différence de son engendrée : le déclenchement ne produit qu'un bruit discret, feutré et léger, difficilement audible dans une ambiance sonore de niveau "standard".

Nous nous surprenons à laisser cette option activée régulièrement, y compris en séance portrait où le "clac" sec du miroir ne vient désormais plus troubler l'atmosphère parfois feutré du studio. En photo de rue, nous constatons aussi une discrétion accrue : nous avons pu comparer le 5D premier du nom et le mkIII dans des conditions similaires, et les gens se retournent presque systématiquement sur le 5D tandis que le mkIII éveille rarement de soupçons.

En contrepartie, bien évidemment, le temps d'obturation de la visée reflex est légèrement augmenté. De même, la fréquence de la rafale diminue pour les mêmes raisons. Ce mode n'est donc pas recommandé pour des photos de sport ou nécessitant le suivi par le photographe d'un sujet aux mouvements imprévisibles.

Nous avons enregistré au format wma avec les moyens du bord (cette prise de son n'a aucune prétention de haute fidélité) la rafale du 5D mkIII en mode normal et en mode Silent. Vous pourrez donc apprécier la différence de volume et la baisse de fréquence du au mode Silent :

- 5Dmark III en mode rafale normal

- 5Dmark III en mode rafale "silent"

Editing direct et comparaison d'image

Le dernier-né de Canon propose deux outils intéressants permettant au photographe de commencer le tri (ou editing) directement à partir de son boîtier.

  • Le bouton Rate permet en effet d'assigner directement une notation par étoiles à chaque image si on le souhaite. Par pressions successives, le photographe attribue de 1 à 5 étoiles à son image. Ce système de notation est repris ensuite dans le logiciel de traitement des images (compatible avec Lightroom ou CaptureOne). Selon les situations, cela peut permettre de gagner un temps précieux. Mais comment trier et noter ses images sur un simple écran LCD d'appareil photo (aussi qualitatif soit-il) si on ne peut pas comparer l'exposition de certaines images entre elles, ou encore comparer la netteté quand on sait que les conditions étaient délicates ? L'outil suivant répond à cette question.
  • Le bouton "Picture Style" situé en haut à gauche de l'écran juste au dessus du bouton Rate, permet de commencer un traitement très superficiel des images (contraste, noir et blanc, sepia etc.), mais surtout en mode de visualisation des images de comparer deux images entre elles directement sur l'écran de l'appareil divisé en deux pour l'occasion. On peut donc comparer les histogrammes de deux prises de vue différentes, ou encore vérifier la netteté à 100% de chacune l'une à côté de l'autre sur l'écran. On peut également observer à la loupe différents points d'une même image côte à côte. Même si cela reste un peu délicat et demande de connaître un bon nombre de raccourcis boutons, la qualité de l'écran LCD du 5D mkIII rend la tâche possible. Pour compléter, le boîtier embarque toute une série d'options - que nous n'allons pas détailler ici - permettant au photographe de réaliser un tri assez sérieux de ses images directement sur l'appareil.

Wifi, déclenchements à distance, GPS et liaison radio

Par le biais d'accessoires comme le WFT-E7, Canon met en place sur ce boîtier un système complet de transmission d'images et de commandes sans fil (wifi), vers des appareils comme des serveurs, des ordinateurs, ou encore des périphériques Bluetooth.

Ce genre d'outil - jusque là réservé aux photojournalistes ayant besoin de transmettre leurs images au plus vite - s'ouvre à présent à d'autres utilisateurs grâce à de nouvelles fonctionnalités. Ainsi, le photographe de studio pourra utiliser le module WFT-E7 comme support pour brancher une prise RJ-45 directement reliée à l'ordinateur pour un transfert et une visualisation rapide des images. Ou encore utiliser ce WFT-E7 pour transmettre les images directement sur les tablettes des personnes présentes dans le studio (clients, directeurs etc.). Il est d'ailleurs possible de commander depuis une tablette ou un smartphone (classique iPhone ou iPad) jusqu'à 10 boitiers 5D mkIII, et parcourir les images directement sur ces périphériques. Ce module permet également de relier jusqu'à 10 appareils WFT en réseau et de les déclencher à distance (jusqu'à 100m) à partir d'un transmetteur maître. Le WFT-E7 dispose aussi d'une option d'économie d'énergie afin d'épargner un peu la batterie du 5D mkIII (la connexion à un ftp demandant une certaine énergie en permanence).

Le module récepteur GPS GP-E2 est également disponible et sera compatible avec le Canon 1Dx. Il est d'une utilisation étonnamment simple et efficace, et se branche sur la griffe flash de l'appareil (ou par la connexion USB si la griffe est déjà utilisée par un transmetteur radio ou un flash cobra)

Canon inaugure enfin avec le 5D mkIII son dispositif de déclenchement radio des flashs Canon, le ST-E3-RT, portant à 30m compatible avec le nouveau flash 600EX RT (RT pour "Radio Transmitting"). Il est bon de noter que Canon est le premier à intégrer un système de déclenchement radio dans un flash cobra. Jusque là, l'utilisateur avait recours au déclenchement infrarouge pas très fiable en extérieur lumineux, et à des systèmes radio pas toujours fiables (ou très fiables et onéreux).

Divers et conclusion

Du coté de la fonction vidéo : comme nous l'avions déjà évoqué sur ce blog pour les précédents tests, nous ne sommes pas spécialisés en vidéo. D'autres fourniront des tests bien plus complets et documentés sur ce sujet. Il semble que le 5D mkIII soit extrêmement qualitatif et complet sur ce point. La roulette arrière sensible au toucher pour changer des paramètres sans bruit pendant la prise de vue représente une des nombreuses petites choses qui permettent à ce boîtier de sortir du lot à notre sens. La qualité d'image et toutes les fonctions vidéo semblent superlatives également, avec de très nombreuses options d'editing et de pré-montage directement depuis l'appareil.

En terme d'autonomie, nous avons réalisé un peu plus de 1000 images avec une batterie neuve à sa première charge complète, en visualisant sur l'écran de façon étendue beaucoup d'images. Cela laisse augurer avec une batterie rodée de 1200 à 1500 images sur une charge.

En terme de stockage, les habitués du 5D mkII ne seront pas particulièrement dépaysés, les fichiers RAW étant d'une taille extrêmement voisine entre les deux appareils (comptez de 500 KiloOctets à 1 Mo d'augmentation par fichier, sur un raw moyen de 27 Mo environ. Notons en passant la possibilité de shooter des fichiers raw (et jpg) avec une résolution réduite (9,8 ou 5 megapixels), ce qui peut rendre service dans les cas où les images sont destinées à un support très petit format, et où la place sur la carte mémoire est critique.

Au final, le Canon EOS 5D MarkIII répond aux attentes des photographes (et vidéastes) : il apporte les mises à jours nécessaires sur tous les points qui commençaient à vieillir sur son prédécesseur tout en innovant de façon majeure avec son système autofocus ultra-performant et customisable. La qualité d'images dans toutes les conditions est tout à fait irréprochable (même si certains reprocheront peut-être un léger lissage en hautes sensibilités), la balance des blancs est neutre et stable dans la plupart des cas même en mode automatique. Les images en plein air respirent le naturel et disposent d'un beau modelé (cf. exemples téléchargeables en haute définition en bas d'article). Des optiques haut de gamme sont nécessaires, comme pour tout boîtier plein format à haute résolution. Un objectif comme le 16-35mm f/2.8 L II a été mis à mal à pleine ouverture en dehors du centre de l'image. Le nouvel AF permet des images extrêmement précises avec un taux de déchet assez faible en portrait avec des optiques comme le 85mm f/1.2 à pleine ouverture !

Les photographes utilisant un 5D mkII de la génération précédente pourront sans doute se poser la question si un upgrade est indispensable. Nous ne pouvons bien sur pas répondre à leur interrogation, chacun ayant des contraintes et des besoins différents. Ce que l'on peut dire après un moment passé avec le 5D mkIII, c'est que sous une apparente simplicité, il cache de nombreuses petites choses qui le rendent agréable à utiliser et extrêmement performant pour produire des images sous diverses contraintes. L'autofocus à lui tout seul peut justifier cet achat pour des personnes ayant besoin d'un suivi AF haut de gamme. D'autres pourront se poser la question de la résolution : le gain par rapport au 5D mkII est somme toute négligeable sur cet aspect, là où la concurrence propose des résolutions élevées au prix de sacrifices importants en terme de besoin de stockage et d'exigences optiques... Chacun connaît ses besoins et désirs, à chacun de répondre à sa propre question donc.

 

Afin de vous permettre de vous forger une opinion propre, nous laissons en téléchargement des JPG haute définition, issus de RAW sous DPP (compression 10 la plus faible), en réglage standard, sans contraste, netteté à 3 (attention, fichier assez lourd d'environ 15 mo) (images destinées à l'usage privé uniquement, protégées par les lois de la propriété intellectuelle)

- Vue de la Cathédrale St-Jean, à 3200 ISO, f/4, 1/60ème de seconde à main levée, avec le 16-35mm f/2.8 L II à 16mm

- Vue de la colline de Croix-Rousse, à 100 ISO, f/10; 1/400ème de seconde à main levée, avec le 85mm f/1.2 L

- Portrait réalisé à 500 ISO, f/1.2, 1/250ème de seconde à main levée, avec le 85mm f/1.2 L

 

Pour cet article, merci à :

  • Olivier Lebrat pour son aide et les renseignements pendant le test
  • Bruno Fouillat pour ses retours d'utilisations
  • Florence Giner (modèle portrait)

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Par Thomas Carrage, le 08/06/2012 | Catégorie : Test produit